30 novembre 2007

Petite histoire vécue

Petite histoire vécue

Mon ami ouvrit le tiroir de la commode de son épouse et en sortit un petit paquet enveloppé de soie :

Ceci, dit-il, n’est pas un simple paquet, c’est de la lingerie.

Il jeta le papier et observa la soie et la dentelle.

J’ai acheté ceci la première fois que nous sommes allés à Istanbul, il y a 8 ou 9 ans, mais elle ne l’a jamais utilisé.

Elle voulait le conserver pour une occasion spéciale.

Et bien, je crois que c’est le bon moment justement.

Il s’approcha du lit et rajouta ce paquet à d’autres choses que les pompes funèbres emmèneraient.

Sa femme venait de mourir.

En se tournant vers moi, il me dit : ne garde rien pour une occasion spéciale. Chaque jour que tu vis est une occasion spéciale !

Je pense toujours à ces paroles, elles ont changé ma vie.

Aujourd’hui, je lis beaucoup plus qu’avant et je nettoie moins. Je m’assieds sur ma terrasse et admire le paysage sans prêter attention aux mauvaises herbes du jardin.

Je passe plus de temps avec ma famille et mes amis, et moins de temps au travail. J’ai compris la vie est un ensemble d’expériences à apprécier.

Désormais, je ne conserve rien.

J’utilise mes verres en cristal tous les jours, je mets ma nouvelle veste pour aller au supermarché si l’envie m’en prend. Je ne garde plus mon meilleur parfum pour les jours de fête, je l’utilise dès que j’en ai envie.

Les phrases du type " un jour " et " un de ces jours " sont en train d’être bannies de mon vocabulaire.

Si cela en vaut la peine, je veux voir, entendre et faire les choses maintenant.

Je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu’aurait fait la femme de mon ami si elle avait su qu’elle ne serait plus là demain (un demain que nous prenons tous à la légère). Je crois qu’elle aurait appelé sa famille, ses amis intimes. Peut-être aurait-elle appelé quelques vieux amis pour faire la paix ou s’excuser pour une vieille querelle passée.

Ce sont toutes ces petites choses non faites qui m’énerveraient beaucoup si je savais que mes heures sont comptées.

Je serais énervé de ne plus avoir vu certains de mes amis avec lesquels je devais me remettre en contact (un de ces jours).

Enervé de ne pas avoir écrit les lettres que j’avais l’intention d’écrire " un de ces jours ".

Enervé de ne pas avoir dit assez souvent à mes proches combien je les aime.

Maintenant, je ne retarde rien, ne repousse ou ne conserve rien qui pourrait apporter de la joie et des rires à nos vies.

Je me dis que chaque jour est spécial.

Chaque jour, chaque heure, chaque minute est spéciale."

Posté par chakermydriss à 20:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Petite histoire vécue

Nouveau commentaire